mardi 8 janvier 2013

Contes de la ivière aux Loups * 3 *


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Les loups restèrent encore une nuit, réchauffant de leur pelage cendré ces deux créatures toutes neuves. Puis ils s’éloignèrent afin de les observer.

- Fille de Chicoutimi… Au tout début… Ils étaient nus?
- Oui, enfant, nus comme celui qui vient de naître.
- Mais… Qui leur a appris?

- Ecoute, enfant, écoute les jupons du ciel
  se froisser dans le vent
  léger comme l’oiseau au bord du nid, entends
  ce ballet d’or et parme que danse le Soleil.

Ce matin-là, le froid avait vêtu de blanc les herbes sauvageonnes. Sur la grande baie une brise têtue fit remonter les algues à la surface de l’eau.

Premier regarda bien.
Dans les berceaux tous verts de beaux poissons dormaient.
Les yeux noirs de Première sur la glace allumaient
un grand feu. La rivière semblait leur dire  « Viens.. »

Alors dans ce brasier
il fit brûler la sauge, le cèdre et l’herbe douce
de la plume de l’aigle, vers le Sacré poussa la fumée qui naissait.
Qu’elle devienne nuage et porte vers le Ciel
le Soleil et La terre
ses prières de cendres.

Et puis il demanda grand pardon à la Mer
en arrachant à l’eau les cheveux bleus mêlés.

Il regarda encore et comprit que Nature
pouvait lui enseigner de très simples vêtures
solides comme les vagues.

Première à ses côtés
comme il sied
à une enfant Cheyenne
l’aida le long du jour
avec timide amour
à tisser cette étoffe. Quand il prit dans les siennes
les deux mains de l’Epouse au centre du tissu
il vit qu’elle était nue

Au loin la horde calme avait baissé les yeux.

Loup dit : Ils ont choisi  Algues-Vie et  Sauge pureté. C’est bien.
Louve dit : Elle n’a pas dit un mot.
Loup dit : Apprends!


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