mardi 8 janvier 2013

Contes de la rivière aux Loups * 10 *


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- L’orage, Mère, l’orage me terrorise.
- C’est farfelu, enfant, l’orage est sans état d’âme envers toi, fais-en autant.
- Il peut me tuer !
- Par accident, enfant. Ecoute un peu ton bon sens. Bon assieds-toi,  je vais te raconter l'histoire de l'orage.

Aux tous débuts, Orage regardait triste
sa peau blanche comme lumière
- Il me faut du sang! Moustique !?

  Viens me dire ce que tu piques qui te donne tel embonpoint
  et surtout si joli teint.

- Oh la la la la… Je piqueuh… les arbres !

Et Orage de se déchaîner contre la forêt qui en moins de temps qu’il ne lui en faut pour se le dire se retrouve mal fagotée.

- Moustique ? Il n’y a pas de sang dans les arbres, tu me mens !
- Oh la  la ! pique la Rivière aux loups.

(Il est fou pensent les Loups, éberlués)
Et Orage de se déchaîner contre l’eau qui vomit poissons par centaines boucanés-cuits-à-point.
- Moustique! je ne suis pas encore assez foncé!
- Va voir le plus loin possible du côté de la baie!
Les baleines entre elles chantent, s’avertissent mécontentes
des crispations du personnage dont elles sentent les eaux-rages
plongent tout au fond de la mer.
Orage se déchaîne contre les flots à en perdre quelques boules de feu
qui font peur aux bateaux.

Il ne fait que s’éteindre d’écume plus blanche que lui.
- Moustique! Je n’ai rien retiré de ma dernière colère. Viens que je te mange.

Mais moustique, parieur sur l’avenir, sait bien qu’il ne doit rien dévoiler de son garde manger.
Depuis, Orage erre, pris d’une sorte de folie qui le fait frapper au hasard cailloux, arbres, hommes ou montagnes. Parfois un peu de sang remonte dans sa bouche, mais il ne sait même plus quelle en est la source
ni même ce qu’était sa quête.

Ne sois donc pas inquiète,

Enfant.
S' il vient
évite rochers et sapins
love-toi au sol et attends.


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