mardi 8 janvier 2013

Contes de la rivière aux Loups * 24 *




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De nacre était la Lune et de Lune les nacres

dans les cheveux de mon aïeule

Elle attisait le feu avec cette économie de gestes que j’aimais de plus en plus chez elle.

-Mère, dis-moi pourquoi le cercle est si important pour notre peuple ?
- Nous construisons en cercle, nous réunissons en cercle, combattons en cercle... le cercle, vois-tu enfant, c’est le signe du temps.
-Raconte-moi le temps !
-Le temps...

Assieds toi là, enfant.
Le temps...
C’est cette goutte que tu vois perler

Au ventre de l’araignée
D’abord un petit point qui se file et s’étire, puis se fait roue dans la nuit. Il roule et puis  revient, jamais le même, jamais autre.
 Ce n’est pas un pays, mais il est habité.
 Sache bien le remplir
Ce n’est pas une montagne, mais il donne le vertige.

Sache ne pas avoir peur de ton tout dernier saut
Ce n’est pas une main, mais il touche le néant et se tend vers la seule chose qui t’appartienne en propre: ta mort.
Ce n’est pas un nuage, mais son ventre est gonflé de ce qui adviendra.
Sache aimer ce qui n’est pas venu.
Ce n’est pas un grand corps
Mais son cœur bat tam-tam et il chante la Vie.
-Mère, je voudrais tant parfois revenir en arrière…
Ou bien trouver l’oubli.
-Tu voudrais voir le fruit avant la fleur ? On ne fait pas violence à l’oubli. Il se dresse parfois comme une victoire. Mais il respire seul.
-Mère, chaque instant me tire de la solitude pour m’y précipiter.
Accepte enfant, accepte ce qui vient,
Emerveillement ou protestation.
Ne reste pas un point,
Etire ton être, étire-le en toutes dimensions.


 

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