mardi 8 janvier 2013

Contes de la rivière aux Loups * 29 *




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Le vent du Nord glacé termine ici sa course
Ce soir sur la prairie s’est arrondie la lune
Bien au delà des dunes
S’étire la Grande Ourse.

Le vent du Nord caresse les herbes sauvageonnes
Que j’ai cueillies très tôt sur la pierre Lapone.
Puis j’ai posé en cercle les galets ramassés
En me brûlant au feu de ma terre gelée.

Les herbes de voyage
Ont bouilli tout le jour
Je mets mes beaux atours
De plumes et de nuages.

J’aime l’odeur du vent...

On n’avait retrouvé sur le tapis  poudré
Que des traces de sang et son carquois brisé
Et puis s’en éloignant douces et précautionneuses
Les traces d’un félin sculptées dans la poudreuse.

Alors depuis ce jour,
J’attends la pleine lune
Qui me rend mon Amour
Mort au delà des dunes.

Je bois le vin amer qui m’unit  à  la terre
En espérant ses yeux
Sa peau, son corps soyeux
Ses muscles  qui m’enserrent...

Et enfin il m'arrive..Ses yeux sont des agates
Sa peau est de velours et sa bouche écarlate
Elle m’englobe toute.
La liqueur de sa langue désagrège ma peau,
Ses dents qui me mordillent ravivent de vieilles plaies
Je me coule saignante comme coule le ruisseau
Entre les pierres l’été
Tout au creux de son corps qui me transporte au loin.

Je l’ai rejoint, enfin
Dans le ventre du félin.


 

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