mardi 8 janvier 2013

Contes de la rivière aux Loups * 7 *


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Dis-moi, Mère, pourquoi mon peuple marche-t-il d’un pas si lent et les pieds toujours nus?
Ecoute enfant écoute.
Au tout début du monde
la terre toute ronde
essayait des habits de verdure et d’eau claire

Le menton dans ses mains et le dos plein d’ennui, le vent la regardait. Alors les dieux créèrent pour lui Monstres, Hommes et bêtes sauvages.

Le vent
bon enfant
apportait en tous lieux leurs messages.
Sur sa peau
se lisaient en couleurs les souvenirs des mots.
De ces scintillements naquit la jalousie. Chacun voulant orner tunique ou chevelure de turquoise ou d’or pur.
Vent, de ses mains, se déchira en grands lambeaux
pour échapper aux doigts avides.
Puis il reprit sa course
vers une jeune source
de sa mémoire s’y lava et retrouva gaie transparence.

Chacun sur terre rejeta la faute de sa disparition sur le voisin et guerres sans fin secouèrent la terre. Dont les habits se fripaient de peur en canyons et vallées.

Sous ses frissons une veine battait, dans laquelle vent s’engouffra. Il courut comme un serpent jusqu’au coeur de sa vieille amie, ils devisèrent toute la nuit.


Un Homme plus tranquille s’aperçut du calme subit de la peau tambour de la terre. Collant l’oreille contre le chemin de poussière, il entendit de doux murmures et chuchotis.

C’est lui, qui demanda à ses frères de ne plus jamais tenter
d’arracher les secrets colorés du vent
de ne plus effrayer la terre en la piétinant.

Enfant

accorde toujours ton pas aux murmures de la terre
effleure sa peau tambour de pieds nus
et jamais ne plante en son cœur ces armes qui la font trembler.




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