mardi 8 janvier 2013

Rouge

ouge





Dans le corps dépecé gisant sur la paillasse
    il lit d'un regard fou le chemin cramoisi
            les sentiers violacés où a couru la vie .

D'un doigt léger il suit la chaude mappemonde sertie dans le muscle

Le soufre allume la voute.

Ses mains orantes, douces, dissèquent le coeur
dont un éclat rejoint la cornue. Il écoute.

Puis il prie. " Feu central de l'homme et de la Terre
je t'ai vendu mon âme. De mercure et cinabre
j'ai rempli l'alambic, invoqué les enfers.
A tes ordres de mort assujetti mon sabre,
dis moi que je suis digne
Je t'en supplie... Un signe...

La voute alors recule devant la lueur puissante
du coeur de l'atelier. La lave se ramasse
en un rubis taillé aux arêtes tranchantes,
explose le cristal dans l'ombre qui s'efface.

Il s'en saisit soudain, ses mains en sont brûlantes

-Tu crois donc me
tenir?
C'est moi qui te possède. Sais tu bien qui je suis?

-Tu vas bien me le dire...!

-Dedans le corps
je suis la Vie
si tu me verses, je suis la Mort
principe male et femelle
chemin d'accès au Tout universel
ma vibration qui te séduit
a ébranlé plus d'un esprit.
Ne sais tu donc plus dans ton orgueil
qu'il n'y a de lueur
que par contraste avec la nuit?

-Rouge... lâche ma main... tu me fais mal ! Rouge qui es-tu?
Et qui suis-je?

-Tu es mon Grand Oeuvre
je suis la Pierre Philosophale.

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