jeudi 26 septembre 2013

Mon tout petit village






Aux débuts des côteaux
mon village tu ne le connais pas
?

Attends, je vais te le décrire, c'est un peu important

                                                si tu veux.

D'abord il pleut

souvent
parce qu'il y a plein de gens qui ne se connaissent pas
des vieilles dames solennelles et des gars en 4/4
ils vivent les uns à côté des autres comme si c'était une invention

Et puis les maisons à peu près toutes pareilles
une ou deux fermes traditionnelles
de la vigne partout
ouverte sur le ventre par des chemins de graves qui basculent tout d'un coup  
dans le noir des forêts
     
    il n'y a pas trop de bruit
dépend du vent
    comment il creuse l'espace
 
juste derrière chez moi
mais c'est pas important
on le dira plus tard

    Plein de jardins coquets
    le mien n'en fait pas partie il pousse à l'abandon
    hors des pots
    déjà il pousse en vert et ce n'est pas si mal
  

Par dessus la misère de l'église

au bord de la Garonne
une corneille pose la lampe de son plumage
elle ne crie plus depuis sa grand-mère
il n'y a pas de bateaux
qui pourrait-elle avertir du soleil
à l'autre bout dans le cingle du fleuve?

    Quand le soir vient mendier la lumière du dedans
        le village se renverse tout seul
            et dans le sombre sur le côté des routes
                            il ne reste que de l'étrange à raconter



jeudi 12 septembre 2013

Pain de montagne





Oh ce pain des montagnes
chaleur du four encore
    toute proche

De sa mie brume douce un parfum que les mots
            impossiblent
Seule ma langue
        contre la vôtre
    pourrait vous faire goûter la douleur de trancher
        au cœur blanc et mouillé la longue flamme blonde
et le geste amoureux qui résonne la pâte


Regarde
            les reliefs coupants
presque brûlés
leurs pentes assagies
    le fin dessin des routes
            on peut trouver repos sur sa croûte



dimanche 8 septembre 2013

Le concerto en la majeur BWV 1055 pour hautbois d'amour, cordes et continuo de Jean Sébastien Bach






Le concerto en la majeur BWV 1055
pour hautbois d'amour, cordes et continuo
de Jean Sébastien Bach





Tant de beauté, tant de talent et d'humilité devant l'oeuvre à servir consolent ...







jeudi 5 septembre 2013

Mélisse




Il y avait de la mélisse dans les champs
d'un bleu intense
et son parfum de menthe qui déchirait la gorge
   dans notre dos soudain
l'envol d'une poule faisane

       si lourd dans son vêtement de fugue

Mourir est ainsi fait

   de branches écachées pour un ciel plein de cendres


Il y avait le fer du bouillon blanc

         monté en graine un peu de vent
sur le sable défait

nos traces enfoncées au grand peuple des traces


L'été s'usait
    insensible aux prières


Tout nous laissait tremblants et souffle court

furtive est la beauté...