mardi 24 décembre 2013

Chêne de Noël




Sur les tertres houleux enluminés de givre
            un vieux chêne est ancré
    à quelques encablures
de mon dernier sommeil

Regarde sa ramure couler comme une invite à rejoindre l’écorce

        et à percer le vent

L’heure est aux giboulées de platine d’or fin

        le rideau va s'ouvrir sur un simple mystère
                tout revêtu de gouttes
      
Le soleil neige sur la route…



lundi 23 décembre 2013

De blanche brusquerie





L'hiver nous est venu de blanche brusquerie

heuristique des formes célées dans les branches aux voluptueux hélix

Les arbres sont en paix
bergers de leurs racines
à la terre madrée si lentement enfouies


Dressé au coin du jour un réverbère se tait
sa lumière s'enfuit
coule dans l'enfaiteau

en fête occis pitauds les restes du grand lierre
prétentieuse guirlande
endémique et bavarde
se sont laissés surprendre par le froid subit


Bibliothèque de l'hiver apprends moi tes légendes
l'au-delà de mon seuil que je ne puis franchir
avant que vent ne m'essorille
riez feuillées de rosée sous les branches
ouvrez vos madrépores

et peau retorte osez de vos gouttes lustrées surgir un rayon d'or aux voluptueux hélix



samedi 21 décembre 2013

Elle est...





Elle est notre plus beau cadeau:
La Vie.
Les rythmes dont l'habillent les saisons
sont un émerveillement constant.
Pour vous si fidèles, en ces jours qui précèdent  Noël
avec toutes mes amicales pensées...



scabieuse-de-noel.jpg


Elan de la fleur surprise
en son éclosion tardive


fougere-de-noel.jpg



Derniers feux des fougères
avant leur révérence

feuille-givree.jpg



Solitude  de la feuille
en rupture de branche



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Bouton de rose sans orgueil
sous la morsure du froid





Allure lente et pensive
des bouleaux dans l'air vif





Le givre
donne
à voir en un seul lieu
ce qui est
ce qui fut
ce qui vient




 



vendredi 20 décembre 2013

Les villes du désert






Les villes du désert en plein midi
ne vous font pas d’œillades
elles sont assises là
sur l’estuaire silencieux dessiné par le vent
on ne peut y tourner le dos à ce qui nous recourbe
au Nous
déjà écrit


Ô si nous goûtions ce miel
la blondeur indicible au lapis épousée
la blondeur souveraine d'une ville au désert
le bijou sur la pierre
du margouillat en peur



 
Rien n’y bouge n’y pleure
on n'y voit rien faillir
c’est comme si le temps ignorait tout du sombre
Quand on entre ces rues
marcher semble grimace

Il y a des passages emplis d’une fraîcheur qui fait taire les voix
Des jardins desséchés
douloureux et tordus de ce vert toujours ocre





Un peu au bord des murs
des bêtes qui respirent
sous les tissus brodés
et la fatigue floue des pâtres affalés

quelques chats impossibles
 la maigreur
des chiens
leurs flancs de sable blanc
où trépassent les heures
Les porteuses de jarres
politesse à celui que le chemin voyage
tendent l’eau ou la bière dans un émail usé

La brise s'est posée
dispersé sans regrets le siliceux nombré
dispersé pour toujours
quelque part vers la dune entre deux édifices
où la mémoire coule du regard arrêté
sur un tatonnement
 





La pierre étire chair sur des cris retenus
le grand ciel se déplisse
on reste sans détails on n’est plus que surface
étonnée de la vie dessinée dans l'espace