samedi 19 janvier 2013

Aiguilles d'Ansabère en Pyrénées atlantiques, fin






La descente va durer deux heures sur des cascades de cailloux
bien plus éprouvantes dans ce sens là qu'à l'aller
 et je pense à tous ceux pour lesquels monter
semble bien plus noble que descendre
ou même tomber (sourire plein de bleus )








Heureusement, il y a des rochers ou des arbres
sous lesquels se poser
ou des mariages étonnants de rocharbres, tels celui-ci:






Le torrent nous guide jusqu'au point de départ.









Sur le retour et en dépit d'un petit vent glacé
qui fait tomber la température par endroits à 4°,
nous nous laisserons charmer par ces rocailles naturelles
suspendues aux flancs de la montagne,
insouciante des rares passages



Et je revois en pensée ces murs végétaux qui de plus en plus souvent
décorent les façades des immeubles dans les mégapoles

avec un  réel souci sans doute de rappeler aux citadins... que la vraie Nature existe
comme ce mur à Madrid:







Une immense peine me saisit alors
et aussi le sentiment du privilège qui est le nôtre ce jour-là
d'avoir croisé un mur végétal en pleine montagne
qui ne devait qu'à la volonté de la Nature de se perpétuer
et non aux rustines de fortune (s ) inventées par les hommes
pour faire croire que...


Nous laissons derrière nous les dents de la chaîne Pyrénéenne
à peine adoucies par le temps

mais qui laissent glisser sur elles les nuages, le soleil et l'ombre
 puis ces autres dents de pierres
destinées à piéger la lumière
celles qui dessinent les très beaux vitraux de Saint-Blaise:








De notre escapade ne me restent que ces deux petits bouquets




Prélude  de la suite n° 1 pour violoncelle de Bach
par Paul Tortelier










Aigiolles d'Ansabère, Pyrénées atlantiques, 3





Tout à coup, c'est la première éclaircie
le plateau
éclairé de buissons de fleurs naines plus belles les unes que les autres
telles ces bouquets de violettes cornues




Par endroits, de très attirants à-pics offrent au regard
leurs vagues vertes et grises




Ici pousse une belle variété de Pyramidalis blanche
plus petite que ses cousines des plaines
elle reçoit de la visite et cette écriture qui bouge
aux pages de fleur blanche a bien du charme...





Mais il nous faut laisser derrière nous les jolis troupeaux placides
et leurs clarines chantantes.

Il fait très doux à cette altitude de 1350 mètres
quelques nuages viennent atténuer la trop grande pureté des bords de la montagne
et c'est bien.




Sur la suite du chemin nous croiserons de délicats Orchis brulés




Après un sentier très abrupt mais tout plein de charme
nous nous engageons sur un chemin de faux-plat
et dans l'ombre d'une épaisse forêt






Curieusement, le faux-plat me donne plus de peine que la pente raide.
Je demande donc à Michel de me laisser en arrière aller à mon rythme

Tout du long, questionnant les randonneurs descendants

- Combien de temps encore pour les cabanes d'Ansabère?

leur réponse me sonnera chaque fois plus inquiétante:

- Oh, il faut bien compter encore trois bons quarts d'heure! et encore,
en marchant bien...

Le moral tient bon, les jambes fatiguent mais de lacets en lacets
avec de nombreuses haltes et en épuisant ma réserve d' eau,
la lumière se fait plus intense à traverser les futaies
dont chaque coin est une magie.
Je rejoins enfin à petits pas Michel qui en a profité pour herboriser.
Nous sommes à 1570 mètres. C'est peu 600 mètres de dénivelé
mais étalés sur presque huit kilomètres de chemin très inventif... hum.

Michel me laisse une nouvelle fois contemplant la vue splendide
et je ne regrette pas ces quelques taches de neiges en plein mois de juillet:





On devine au niveau du petit placard de neige entre le massif  à gauche
et les aiguilles à droite, la grande  brèche et les éboulis .
Sur cette carte
nous nous trouvons au niveau des rochers, en bas du dessin à droite.
Le col de Pétragème,  frontalier avec l'Espagne
se trouve sur notre gauche, non visible sur la photo.


Pour rejoindre le col, il faut bien compter une bonne demi-heure.
Nous ne les ferons pas, des habitués nous confirment qu'il n'y a plus d'orchidées,
elles ont été mangées par les quelques chevaux qui sont encore dans les parages.
Ce sera pour une autre fois...


Pour nous consoler nous redescendrons avec un vrai de vrai fromage
qui sent bon l'étable.
Le fabuleux Lys Martagon, du turc martaga'n ( turban )
nous attend au détour d'un chaos de pierres
et je me demande encore si c'est la forme qui inspire le mot
ou le mot qui crée la forme







Aiguilles d'Ansabère, Pyrénées atlantiques 2









Après bien des haltes dans le moindre hameau
où se trouve toujours quelque merveille
nous posons nos bagages à
   Saint Étienne de Baigorry,
un petit village pour lequel nous avions eu un coup de coeur
trente ans plus tôt.

Il fait si mauvais temps
que nous nous demandons si nous avons bien fait de venir
dans cette région réputée pour ses précipitations...


Qu' importe, nous sommes deux sous le parapluie
et puis l'église de Saint Etienne est si belle, si typiquement basque
avec ses trois étages de galeries boisées.

Au pays basque, la religion  a conservé de lointains liens avec le paganisme:
Les femmes ont le privilège d'être en contact avec la naissance et la mort,
elles assistent donc à l'office au rez-de-chaussée,
au plus près des forces de la Terre,
hôtesse et gardienne des corps et des âmes.







Le lendemain, nous prenons la route vers la vallée de Lescun et les aiguilles d'Ansabère,
à la frontière de l'Espagne.





Une délicieuse église romane au très curieux clocher interrompt notre voyage,
à
   L'Hôpital Saint-Blaise.

Nous découvrirons au cours d'une visite guidée les origines Navarraises,
Byzantines, Espagnoles et Mauresques de ce monument
classé au patrimoine mondial de l'Unesco.




Nous rapprochant du lieu mythique, le soleil s'étiole peu à peu.
Nous laissons la voiture assez loin et marchons dans la certitude
que la journée sera belle, comme nous les aimons
faite de cieux variables et vents un peu piquants.
Une première halte pour déjeuner au bord du ruisseau
en contemplant notre  à venir...
J'ai le sentiment de me trouver au bord de la
naissance du monde .
Cela fait presque mal de se trouver loin de toute inscription.



Lentement, aidés d'un bâton, nous montons vers le premier plateau.
L'ascension est censée durer une heure jusqu'à ce premier niveau,
et une demi-heure de plus pour atteindre les cabanes d'Ansabère
mais je ne suis pas une montagnarde aguerrie 
il me faudra le double de ce temps pour rejoindre les cabanes
temps
au cours duquel je bénis la faim photographique de Michel
qui me permet des haltes bienvenues.

Nous découvrirons au retour qu'existe un chemin tout à fait carossable
qu'empruntent en voiture les " randonneurs" afin de rejoindre le premier plateau !!
Quelle honte!

Le chemin pour piétons est à la fois raide et sinueux, rempli d'obstacles,
parmi lesquels des  cailloux très malicieux... 
Au point que nous le quittons souvent pour l'herbe
et la contemplation du panorama:





                             
                             Bien sûr, à cette altitude ( environ 1200 mètres) 

les fleurs sauvages poussent encore sans se poser de questions.
Ce ne sont que tapis de pensées, molène floconneuse, paquerettes, pimprenelles,
cirses laineux, saxifrages et j'en passe

et de biens jolis chardons:





Au milieu des cailloux, sur une terre qui semble très pauvre

des centaines, des milliers d'iris sauvages



Avec tristesse nous regardons descendre des randonneurs,
leurs bras lourds de ces fleurs qui en ce lieu sont certes abondantes
mais ne réclament pas d'être décimées...





Aiguilles d'Ansabère en Pyrénées atlantiques, 1







Nous ne nous laissons jamais impressionner par les prévisions météorologiques.

Les 13 et 14 juillet derniers ne nous donnèrent pas le choix:
Michel ne pouvait s'échapper que ces deux jours-là
et accepter le risque d'une pluie annoncée.

Nous voici donc partis avec optimisme en direction des 
Aiguilles d'Ansabère,
en Pyrénées Atlantiques. Haut lieu de l'alpinisme et de l'escalade,
mais aussi de la flore montagnarde.

Il y pousse en cette saison une variété rare, très rare,
d'orchidées d'altitude: 
Nigritella gabasiana,
rarement vue, beaucoup vantée.

Si nous pouvions dénicher ce
trésor ...

Le temps est gris mais la grande Lande nous accueille
de ses parfums
sans fleurs et ses ronds-points inventifs
qui évoquent ici la récolte de la résine:





J'aime beaucoup les Landes
mais
de même que dans ma région du sud Gironde on ne croise que vignes ou champs de maïs
ce grand département n'est bordé que de forêts au parler noir et monotone
dont l'ombre triste endort les routes.


Bienvenus ronds-points
qui nous extraient de notre somnolence
en ranimant sous nos yeux ce qui nous est désormais inaccessible
car trop haut perché
pots de terre mal finis pots de terre ébréchée
gorgés de sucs à hauteur d'enfance
dans des forêts en ces temps là encore riches de mille essences

Aujourd'hui l'uniformité de la chose plantée
donne envie de la fuir... ou de s'endormir.

 



Bientôt, le Pays basque.

d'émeraude et d'or, brumes lointaines
rais de lumière furtifs qui rebondissent d'une vallée  à l'autre,
tout ce qui nous y charme à chaque fois
ces paysages dont le calme chaotique
nous semble si proche de celui qui anime les musiciens de l'orchestre
avant la toute première note









Le monde merveilleux des feuilles et des fleurs








Michel
   ( Coucou Miguel! ) est doué d'un talent fou pour voir le minuscule.
Il ne photographie que des fleurs sauvages
qui poussent dans les fossés, les champs ou les montagnes.


J'ai créé pour lui une page qui se nourrira avec le temps et grâce à son talent

d'articles consacrés à ses féériques photos d'insectes
orchidées
arbres
couchers de soleil, ruisseaux, ponts,
pierres sauvages,
insolite animalier

tout ce qui dans notre belle nature fait vibrer son âme d'artiste
et de méditant.

Après celle consacrée aux Suisekis voici l'une de celles qui seront consacrées aux beautés de la flore de nos régions.
Fleurs qui passent inaperçues et pourtant...

Aucune retouche sur ces photos n'a été faite.
Elles nous livrent sans fard leur patiente beauté.
Le lien vers la page fixe est indiqué en bas de l'article.

Si ces fleurs vous plaisent pour illustrer un de vos articles
ou en faire votre fond d'écran, prenez-les

en m'envoyant un petit mot si je ne vous connais pas
et sans me le demander si vous êtes de ma tribu (sourire) amicale.

Feuille de chêne sous le givre

Feuille de Chêne sous le givre
la mort d'une simple feuille
porte déjà les promesses de richesses printanières


Fougère de Noël



Scabieuse de Noël
Un bijou!



Scabieuse en bouton
me rappelle les bagues africaines


Scabieuse éclose
Notre fleur préférée
pour son port si féminin
sa légèreté insouciante
son humilité de fleur des fossés et terres pauvres





Scabieuse nue de ses pétales en fin d'été
couleurs somptueuses et cils séducteurs


La même (ou une voisine) et sa punaise soucoupe volante...




Lomelosia stellata, scabieuse méditerranéenne
on dirait des chapeaux chinois...




La même en compagnie d'une copine
dont les couleurs du masque se fondent à merveille
dans les pétales légers




Blackstonia perfoliata
la fleur sculpture


Platanthère Chlorenta
ma danseuse orchidée




Orchis Ustulata ou Orchis brûlé
femme fleur




Le vénéneux Sceau de Salomon
un équilibre prodigieux entre blancs et verts


Ophrys Insectifera



Le même de plus près ( taille: grain de riz)


Fleur d'aubépine de notre jardin
aux si délicates transparences...





Inconnue, je l'appelle fleur allumettes
peut-être une amourette?




Asphodèle d'Espagne





Androsace
fleur d'un demi-centimètre de diamètre
de la famille des primevères et poussant dans les montagnes



Linaires aux cornettes religieuses
pousse dans les bois doucement


Le Mélampyre
ne dirait-on pas un troupeau d'orignals ?
voyez leurs mufles et leurs bois...



Rien qu'en regardant ces photos, je sens monter en moi toutes sortes de contes
une danseuse effarouchée, un vaillant petit soldat
les cloches blanches dans la nuit, le troupeau de rennes affamé
et sur deux planètes lointaines
la dispute par antennes
interposées
de deux soucoupes volantes qui voulaient
diriger els amours de ce monde...


A suivre bien sûr...

Merveilleuse flore, page  fixe