dimanche 20 janvier 2013

Le départ d'arc en ciel




arc-en-ciel-22.jpg

Entendez-vous les pas du géant Gouttelettes?

Les animaux le suivent, il pose la palette

De ses pieds dans la boue et déchire sans
haine
Le ventre des nuées.

La forêt est sereine

Car le gardien des Lacs emporte

Son trésor de pastels et de craies

Vers la petite porte

De l'horizon bleuté.


Il avait plu toute la nuit,

Le ciel moiré boudait encore,

Quelques gouttes effrontées

Venaient malicieuses crever

La paresse laquée des flaques endormies.


La Terre résonne

La Terre chantonne

Les splendeurs parfumées des lourdes pluies d'automne.


Mais la bouche des femmes

Reste
paralysée
Sur un silencieux cri.


L'arc en ciel est parti

Offensé.


Sur son dos en faucille

Un enfant du village hurle qu'on le ramène

Le géant est trop vieux, trop sourd, sa coupe est pleine

De couleurs en colère qui cherchent un asile

Contre tous ces voleurs qui violent son sommeil.


Je voudrais être oiseau, échapper à ces ondes

Que jouent les pas géants sur le tambour du monde




Je voudrais être oiseau et à coté de lui

Pour son dernier voyage

Survoler les pays

Mordre dans les nuages

Sur l'arc en ciel qui bouge


Je voudrais être oiseau

Posé sur l'infra-rouge...



Ecouter

Roméo etJuliette de Prokofiev


Le pelage


Ah ah... j'en entends ici qui ont chevelure rouge, noire, blanche.. pas de chevelure... barbe, moustache...Non?  Pas vous ? Mais si!

Savez vous que... Bon, je vais vous le raconter.

Il y a bienlongtemps, en Afrique, les animaux se promenaient tous nus. Hé oui.

Pas de pelage taché
ou rayé,
pas de crinière ni de queue.

Ce n’est pas qu’il faisait froid, mais ils étaient tous  vêtus du pareil au même et aussi bien... aussi bien... le lapin pouvait tomber amoureux du lion et le lion de la souris. Cette affaire  était très embêtante car on ne vit pas que d’amour et d’eau fraiche. Et les baisers se terminaient souvent fort mal. Je suis désolée d'aller aussi vite pour dire des choses aussi sérieuses, mais les histoires c'est comme la cuisine, ça n'attend pas. Donc...
Les animaux étaient ennuyés par ces multitudes de petits insectes très agaçants comme on en voit dans la savane .

Le Lion réunit alors son conseil sous le grand arbre à palabres. Et le voilà qui gronde.

-Nous sommes couverts de pustules. Ma femme la Lionne me trompe à qui mieux mieux avec le singe.

-Ah ouiiiiii ? Dirent les animaux, à la fois très intéressés par ce genre de confidences qui leur faisaient oublier un temps les chatouillis et gratouillis et par l'absence de logique formelle réunissant les deux affirmations..

-Oui. Elle prétend que pustule pour pustule, mieux vaut une pustule intelligente. Vous comprenez que je ne saurais rester le Roi de la jungle si je suis... comment dire...

-Coucou ! dit le coucou.

-On peut le dire ainsi répondit le Roi. Il faut donc que nous ayons un pelage pour nous protéger de ces sales bêtes et une queue pour les chasser.

-  Bonne idée, mais comment faire ? Ricana le Singe qui ne manquait pas d’air d’assister à la réunion de son rival.

-Demandons à Renard. Il a toujours des intuitions. Allez me chercher Renard, tiens,  toi, Singe, au lieu de rouler des billes affolées, va me chercher Renard et sors de ma vue.

Ainsi fut fait.
Alors que l'assemblée
se grattait
encore le menton
à propos
du mot
 "intuition"
Renard
arrivait
peinard
 le regard
 en biais
comme il sied
au renard
depuis
la nuit
des taons.

-Que me veut-on dans cette noble Agora où je ne suis jamais convoqué qu’en catastrophe et au milieu de mon sommeil ?
-Toi seul peux nous aider à trouver le moyen de nous débarrasser de ces fichus insectes qui transforment nos cuirs en passoires.
-Certes mais vous ne pourrez tous avoir le même pelage et la même queue. Sinon, cela reviendra au même que de ne pas en avoir…
-Tu dis vrai ! dit le Roi de la forêt en se grattant sa Non-
Encore-Crinière
-Commençons pas donner à chacun un poil différent .
Toi, le cheval  à longues oreilles, reste te bronzer dans les herbes de la savane toute une journée.

Ainsi fut fait et n’ayant pas de protection solaire, naquit le Zèbre.

-Toi, le guépard, reste te bronzer dans les branchages toute une journée.

Ainsi fut fait et le mouvement gracieux des feuilles dans la brise chaude imprima sur la peau de Guépard des ocelles mouvantes .

-Toi, le lapin, reste dans ton trou avant que je ne t’attrape.

Ainsi fut fait et le lapin en est resté gris de trouille.

-Toi le lion, reste dans ta tanière et fais toi des cheveux pour ta reine, qui te trompe avec le singe.

Ainsi fut donnée confirmation de ses soupçons bien avancés au Roi de la forêt qui se para d’une crinière magnifique à faire pâlir le singe.

-Toi le singe va te cacher dans le bananier, avant que le Roi ne te mette à l’ombre définitivement.

Ainsi fut fait et le singe depuis se confond en vitesse, précipitation et couleur avec l’ombre.

-Oui, mais, pour les queues ? demande le Roi.

-Là, dit le renard, il va falloir d’une manière ou d’une autre départager les ambitions.
Commençons par fabriquer des queues avec les herbes folles de la savane.

-Herbes, tressez –vous !! dit le Roi de la forêt.

Et les herbes se tressèrent mais avec un entrain très partagé. Certaines nattes étaient longues et minces, d’autres faites avec des restes de brûlis noirs et cassants, d’autres touffues comme des plumeaux.

-Maintenant, nous allons tous courir en direction de ce bosquet et nous recevrons nos queues en fonction de notre ordre d’arrivée.

Le guépard partit le plus vite et reçut la queue la plus longue.

Le singe ne put s’empêcher de vagabonder d’un bananier à l’autre et reçut la queue la plus habile à tordre son chemin .

Le Lion reçut une queue légèrement différente de celle du singe pour que sa reine ne le confonde plus jamais, avec une jolie touffe de poils au bout.

Le Zèbre reçut la queue la plus cinglante car il avait filé comme le vent et vexé ce dernier  qui exigea que justice lui soit rendue en offrant à l’animal une queue qui fasse mal à son cuir quand elle s’agiterait pour tuer les moustiques

Le lapin, qui avait peur que tout le monde ne l’attrape, Pour-Le-Manger-Comme-Ca-En-Passant,
fit des tas d’aller et retours entre les buissons, arriva bon dernier et reçut la queue la plus petite dont il se contenta car il ne faut pas exagérer. C'est pas vrai?

Quant au renard...

-Dis moi Renard, quelle queue vas-tu accrocher à ton noble postérieur ? demandèrent les animaux de la savane.

-Moi ? Pendant que vous vous essouffliez sous le soleil de midi, j’ai ramassé toutes les chutes de poils que vous avez laissées accrochées aux herbes et les ai tissées entre elles. Joli, comme résultat, Non ?

Depuis, les animaux sont fâchés avec Renard et ne l’appellent plus jamais aux réunions extraordinaires. Ce dont il se moque. Sa queue est la plus belle, alors !


Punaises







La punaise est un insecte de la même famille que les cigales et les fameux gendarmes, tous des hétéroptères, portant donc deux paires d’ailes et munis d’un appareil piqueur-suceur.
On compte environ 30 000 espèces de cet insecte dont l’odeur très désagréable et persistante n’en fait pas une créature d’emblée sympathique.

Elle est d’ailleurs classée parmi les nuisibles et je dois avouer que je garde un souvenir assez écoeuré d’un chocolat au lait avalé en hâte, enfant, dans lequel s’était perdue une punaise de chez nous que j’avais croquée vivante.

La punaise des lits provoque la redoutable maladie de Chagas
300 000 nouvelles infestations et 50 000 morts par an en Amérique Centrale et du Sud.
Maladie neurologique pouvant aboutir à des démences, troubles cardiaques  et intestinaux et dont le parasite est transmis par cet insecte.
Chez nous, il est inoffensif et, si je n'ai pas connaissance que la punaise soit utile au sens où on l'entend habituellement, la grande variété de ses robes en fait un insecte très agréable à observer et photographier.

Voici donc la punaise pyjama ou Graphosoma italica :







Et quelques autres dont on me dira peut-être le nom, j'ai la paresse de chercher, celle-ci que vous connaissez déjà, larve posée sur une scabieuse.
La punaise connait cinq mues durant son existence qui peut durer jusqu'à une année. L'insecte amusant que vous voyez ci-dessous est le premier état larvaire de la punaise verte:




Cette autre dont les nuances du masque se marient à merveille avec la scabieuse méditerranéenne sur laquelle elle se promène:





La même agrandie et en promenade. C'est incroyable le mimétisme...





Celle-ci aux couleurs étonnantes de carnaval tropical, mais qui n'est autre qu'une punaise verte dans une autre phase de sa mue:








La même en train de sucer nos
tomates. Elle dispose sous son rostre d'une sorte de gouttière qui lui permet de maintenir l'appareil piqueur en place. Vous pouvez apercevoir sous la tête de l' animal la petit gouttière verte très claire qui guide la " paille ". 
Michel qui les a bien observées me disait que cette charmante bestiole a la délicatesse, lorsqu'elle se trouve sur une tomate, de se mettre en position quasiment perpendiculaire au fruit, donc en relatif danger,  afin de faire ses besoins dans le vide sans risquer de salir sa nourriture...





Vous verrez sans doute mieux sur celle-ci, la gouttière claire

qui guide le stylet:






Un bébé punaise verte encore à un autre stade de sa mue, perdu sur une feuille.





Enfin, la belle punaise verte que chez nous on nomme punaise des bois,
ses couleurs vont d'ailleurs du gris au vert en passant par différentes nuances de bruns.
Là encore on est frappé par la manière dont l'insecte a choisi le fruit
en accord avec sa parure.
A titre jardinier, si vous faites pousser comme nous des tomates
pour en éloigner les punaises inutile de répandre des insecticides
toujours nocifs pour tous.
Plantez des capucines ou du basilic à proximité de vos plants de tomates
cela distraira les punaises...  et même les incitera à aller se faire admirer ailleurs...




Il faisait chaud ce jour-là celle-ci porte au bout de son stylet
la goutte de suc de tomate verte qui la rafraîchira:






Tout est beau dans la nature, décidément...

Le Grillon, de Josquin des Prés

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