lundi 4 mars 2013

Couchant



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La nuit descend
 plus tôt que d’habitude,
quelques restes d’azur effiloché s'amusent,
les vignes ont déjà bu
la chaleur du couchant

Saurai-je à qui je dois de contempler les rudes
bastides endormies sous les ombres camuses?
Ces tiges de lumière  en éventail brégées...
Qui les aura cueillies et dans mes yeux posées  ?

Vient l'heure de la buse...
Tous les buissons se terrent
pelages affolés en muettes prières

Dans un parfum d’eau froide aux arbres suspendue
demain l’herbier du jour ouvrira page nue.

Cris de la Buse variable


Feuillets épars



Deux ans
passés comme une averse

Si je faisais le compte de tous mes retenus
pourrais-je lire autre chose
que des
feuillets épars ?

Chercher dans les heurts

souvenir encore vivace
ce qui les annonçait
tout ce qui venant du dehors modifia l’immobile
craquela l'intention précipita les chutes


Tout se dérobe

tout semble avoir sommeil à ses plis rabattu
le silence qui pèse est celui de l'hiver


Alors


Laissons dormir la terre dans les mi-voix du noir

et de l’or

Magnolia



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Une fleur s’est ouverte

au matin arraché à sa branche
seule dans l’eau du vers
elle mange l’espace de ma page blanche
son parfum entêtant ronge mon dictionnaire


J’ai beau fouiller la coupe

écarter de mes doigts l’ivoire délicat
je ne retrouve pas le parfum de la phrase
je ne retrouve pas la naissance des notes

je ne retrouve pas les habits de syllabes

pour vous chanter l’éclat
d’une fleur qui accepte
de goûter au froid

Elle habite l’espace de tels  inattendus

que je ne sais même plus si la lumière est flaque
ou rivière ou chemin


Une fleur sans penser

au destin attachée sur sa branche
et je comprends soudain
que c’est pour ne pas voir  le tracé
devant soi
que l'on fait des ratures des trous des spires et des croix
dans la chair du papier

Et tout cela me mord


Evasion







Le bruit au dedans de soi

cette ombre qui accuse
entrave mon marcher

Je sens monter en moi
des colères qui respirent
des
colères à tuer ce qui fleure


je sens monter en moi les mots de l'abandon

troupeau de mendiants maltraités


vite un soir d’oiseau
vert
un bec qui me déchire
que ruisselle mon coeur entier vers la lumière

Transparences











hellebore orientale

Pétales furent un jour les hommes.

Quelle que soit leur livrée
se contemplaient à fleur de chair
 le sang
l'intention
les pensées
si transparents que cela désarmait.



hellebore orientale






Charmants insectes




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Les yeux de Michel savent se poser avec tendresse sur les coins les plus inaccessibles, presque invisibles, de la nature... Et ce sont souvent des rencontres étonnantes qui s'offrent à son regard et son appareil photo. Je ne saurais vous dire le nom de ces bestioles, juste vous les offrir.



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Ce charmant papillon ne nous découvre-t-il pas, derrière son col dressé, à la manière des Médicis, deux yeux de presque-animal-à-fourrure? Et ce petit museau est-il celui d'un insecte ou d'un écureuil ?  C'est toujours un étonnement, la douceur veloutée de ces bestioles vues de très près.



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Et ce bébé sauterelle! Comme il fait face avec courage, son haume fièrement opposé aux géants que nous sommes... Les pointes de son couvre-chef ressemblent à s'y méprendre à celles qui ourlent les feuilles sur lesquelles il s'est posé. La Nature fait décidément bien les choses pour éviter à un tout petit sans défense d'être avalé par le premier oiseau qui passe. Peut-être le second l'emportera-t-il sur ces stratégies de survie, mais en attendant l'honneur et la vie sont saufs!


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Pendant ce temps, Monsieur et madame Cuirassés-Noirs prennent du bon temps... Ils ont raison!!


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Mais ma préférée pour l'heure est cette demoiselle toute emmitouflée dans ses poils dorés et maquillée comme pour aller au bal des  éphémères.

Belle, la Nature, si belle...
Qu'elle mérite d'être accompagnée
de ces Papillons opus 2 pour piano
de Grieg





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