jeudi 7 mars 2013

Ni bien ni mal





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Au loin

    le jour
     ni bien ni mal

Et toi

        passante que tordait la torche sans répit
   de ces mains qui prétendent
  tu hantais chaque puits fendu vers l'infini
          la fleur ou la fêlure
            toute chose qui meurt
  
de n'être plus nommée ou d'être trop cueillie









Paquerettes




Il fait beau
     les pâquerettes m'ont ouvert la poitrine

  et je vais
 
 contemplant mes semailles
quand 
pétales de peinture jaunie où se mêlent l'ardeur du vivre

    et le désespoir de n'être qu'un vert-nie
          je vois la boite aux lettres qui s'écaille

Enveloppes débordant
      géométrie dentue, audacieuse rose

            sous un grand vent de bure
         se froissent les dinosaures de papier
  q
uestions infantes,  mots de l'amour, de l'espérance.

Je secoue ma paresse et prends dans l'appentis le dernier pot de laque verte.

     Il faut à ces missives, que je lirai tantôt,
    un écrin à hauteur de ces voix
venues mourir en moi leurs feux jouissants ou sombres 


Whisper whisper






Je ne veux pas finir dans un  carton poubelle
dans des livres piqués par des champignons blues
je ne veux pas du flouze
aux caresses polices
juste
partir d’ici en faisant bras donneur
du sang du sang du sang
jusqu’au bord de la langue

Et s’il faut en crever alors crevons joyeux

Une autre au fond de moi sait déjà les ballets
de rancœur putrescibles mais qui font mal au vivre
le temps des deuils grisons
de la bile qui chauffe

une autre au fond de moi me dit
libre libre libre
deux feuilles de papier suffisent pour voler
de tes ailes de feu
par dessus les fossés

Une autre au fond de moi sait déjà le tranchant
des brêches où l’on s’engouffre en perdant de l’écorce
du sang putain d'abord
et tant pis pour les meurtres
il faut aller danser
où l’air frappe cadence et l’incendie s’amorce


Elles se cachent bien
les ombres pas recommandables
juste derrière les dents
celles qui surgissent au plus mauvais moment
pour quereller la lumière

elles ne consultent pas tes désirs
les whispers whispers
alors
ouvre la prison des abeilles




Entre les traces



A ceux qui ont perdu un être cher


Le temps leur est venu des
traces
de l'intervalle entre les traces
objets muets
poignées de terre meuble
que l'enfant seul devine
coulant en leur triomphe d’eau


Le temps s'est arrêté.

Silence à grande fleurs

Le ciel est jour de pierre

Et les gestes fouillant
jusqu'à ces noeuds du coeur où s'allumaient des arbres


Ce soir

ils entendent sa voix

Un souvenir de pas vient trouer l’hébétude

leur hâte  à se lever est du pays d'avant
mais rien


Résonance les murs

plus grave chaque fois

Ce qui était vivant l’était par elle

le soin qu’elle apportait à soulever les choses
pour éclairer les heures
ses mains qu’on devinait
ailes priant les fleurs
mais tout est éventré que les ombres dévalent

Le temps leur est venu










Tableau noir


Tu étais là flottante entre deux pages
    théoraime déçue incompris les rectangles
obtuse et la tristesse
        aigüe le cercle de ton ignorance allait s’élargissant
tu carrais ton marasme entre deux parallèles et tu faisais semblant
    de suivre tous ces chiffres qui dansaient au tableau
il manquait la musique
    pourquoi pas balafon pour faire danser le Huit
        et pourquoi pas l’ose ange pour envoler zéro
cet œuf qui n’a pas d’
ailes

Tu en étais là de tes compositions quand
" Mam'zelle qui dort vous venez au tableau?"
    Noir le mystère du sang qui va et vient
entre deux cavités
    et le cœur qui s’emballe
        eau bleue que savais rouge étrange sans vallées
petite peur petite colère
pourquoi
pourquoi ne m’a t’on pas mise au monde transparente
pourquoi ne m’oublie-t-on que partiellement
    parfois j'aurais rêvé d'être une factoriaile
        et de crever les yeux de touts mes importuns

La craie coule entre les doigts

    si elle pouvait être une clef la serrure est là
cachée sous l’hypoténuse entre deux inconnues nées sous X
            dilater un chemin pour m’échapper d’ici
fuir toutes ces figures
    leurs soldes leurs quotients et mon peu de crédit à rassasier leur fin d’être toujours prouvées
je démontre donc je suis
triste constat
je n'étais qu'à moitié et jamais la bonne

depuis le temps que ça dure

on aurait dû
trouver?



Bouquets de Ligurie