dimanche 10 mars 2013

L'âme soeur







Tu es la lueur qui vient
le pays enroulé sous l’automne des arbres

Tu es la lueur qui pose
un vol sombre à la beauté d’insecte
où la fleur des ruines germait

Tu es l’instant muet qui ne s’attarde pas
la caresse légère en voyelles de sable

Tu es l’espace où l’eau
peut suspendre sa course
et regarder sa boue
sans crainte d’une main qui étrangle la source


Tu es l’infiniment













Chargée de librement







Comme on joue il faudrait
se déprendre de soi
   avec au creux du ventre
        un cri en peinture de pierre
 et dans la gorge
     remontant
        une barque de ciel
   chargée de librement
              aux clairs battements d'ailes















Ressac





Mais les vagues toujours s’en vont rêvant les vagues
    toujours nous mord le sel où nous fûmes
mordus
   

Les yeux fanés d’embruns
            sur la peau échouées
            dans le cœur et dans l’âme
        vagues viennent vont
de l'horizon
tordu
  leurs caressantes gifles éprouvant le sable

Peut-être

sous la peau
 percée de mille dagues
une fleur que le sel jamais ne rongera

Mais les vagues toujours s'en vont où temps dit vague

toujours nous mord le seul
où nous fûmes
mordus







     


Salpêtre




Cette odeur qui coule des murs tachés de
salpètre, je la sens depuis le parvis
elle m’attire, irrésistible. Elle m'enivre comme ces parfums d'arrière pays qui vous ferment le langage en même temps que les yeux.
Sans Dieu ni repères, et depuis si longtemps, je ne crois guère qu’aux pierres
à ces choses que l'on dit sans âme qui ne crient pas quand elles vous croisent.

Bribes de vie bribes du temps


J’aime pousser les portes sur cette froide pénombre

entendre glisser les pas du lent recueillement
le murmure étouffé des voix courant entre les travées d’une chapelle à l’autre

Parfois une musique tombe des cintres

appuyée sur la lumière
être légère et m'adosser à la couleur qui glisse des grands vitraux
être légère de ma chair

Il n’y a plus d’eau dans les grands coquillages

la mémoire est rouillée
que reste-t-il des voeux?

C’est dans ces moments là que j’ai envie de prier

mais je ne sais les mots
alors
je prends ceux des autres en passant

Cette dame le visage dans les mains à genoux

ce monsieur qui ne pense plus à rien et ce couple qui se pose un peu main dans la main...
Sur leurs lèvres, dans leurs yeux, des mots courent doucement
je les connaissais avant
ils se dévident dans ma tête, bousculés par le bruit incisif d’un flash

Il y a aussi des touristes qui déchirent ces parcours de paix

leurs pas sans précaution viennent briser le froid qui montait sur mes jambes et me gagnait le corps leurs pas sans précaution me rappellent à dehors
où la lumière vieillit

Tout le monde n’a pas de la peine

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