lundi 11 mars 2013

Les pluies qui bêchent




La terre est devenue rêche

     je n'y sens plus l'espoir des mois passés
Publier 
lorsque se préparaient au loin les pluies qui bêchent
          je n'entends plus que la mélodie
  des petites choses blessées.

Derrière chez nous

       un chemin simple s'adosse aux herbes des maisons
  qui poussent toutes droites
et drues contre les grilles


Je le guidais souvent en arrachant certaines de ses mauvaises graines

    heureuses de me défier elles repoussaient plus haut

Parfois l'ombre d'un peu de peur

   m'y offrait un abri
        et lorsque je cueillais les blanches pierres
  pour les poser le long de mon sentier fleuri
leur grain râpeux disait:


"Qui es-tu pour prétendre

   quand la lenteur des fleurs déchire ma lenteur? "

Ces mots me tissaient.


Aujourd'hui la lumière, le silence, l'herbe jaunie et rase 

effleurent mes souvenirs
et rien ne se déchire
et rien ne se prétend...


                        Laissons l'hiver venir.




Nigels Kennedy interprète le troisième mouvement de l'Été de Vivaldi


dewplayer:http://s3.archive-host.com/membres/playlist/1543578952/4_Musique_Baroque/Vivaldi/09_The_Four_Seasons_Concerto_No_2_in_G_Minor_LEstate_Summer_RV_315_Op_8_No_2__III_Presto.mp3&



Puis le deuxième mouvement de l'Hiver de Vivaldi



dewplayer:http://s3.archive-host.com/membres/playlist/1543578952/4_Musique_Baroque/Vivaldi/14_The_Four_Seasons_Concerto_No_4_in_F_Minor_LInverno_Winter_RV_297_Op_8_No_4__II_Largo.mp3&




La solitude



La solitude ce n’est pas gris ou noir
la solitude
c’est transparent sur un trottoir


La solitude c’est le reflet de soi auquel on  se raccroche
dans la vitre du train
pour dire
adieu
au quai


La solitude c’est les banquettes moulues

d'accueillir tant de corps qui n'ont plus rien à dire
et ailleurs un quelqu’un qui n'attend plus celui que l'on ne sera pas


La solitude c’est celui-là sur son banc

qui lance quelques miettes aux oiseaux
et tout le monde rit
parce qu’il leur parle


Solitude

la fin des déguisements





 

Oublis







Mille sortes d'oublis

entre eux
un point commun

ils ne font pas de bruit.

http://s3.archive-host.com/membres/playlist/1543578952/7_Musique_XIXeme_siecle_et_moderne/02_Vocalise_for_Cello_and_Piano_Op_34__Lentamente.mp3



Serge Rachmaninoff
Vocalise pour violoncelle et piano opus 34






Espérance







Combattre
cela ne peut se concevoir que dans l’amour de l’adversaire
pas cette haine qui grandit
et vient sécher ton cœur de tout ce que j’aimais
pas cette hargne traversière
au métal irisé sans
musique tandis
que les fleurs se replient sous terre
à tout jamais

Tu oublies chaque jour davantage de laisser au fossé dormir tes certitudes

entre les bleus des champs
asseoir l’exaltation
est-ce que tu te souviens qu’on peut rire de soi
en se tenant plus près de l’armée de fougères
que le feu n’interrompt dans leur poussée fiévreuse
est-ce que tu te souviens de ce petit mot :
joie ?


Je ne suis qu’une mère

et comme toi je crois qu’il faut ouvrir leurs yeux
à ce qui se prépare si on ne reste pas
guetteurs
tout près du feu
mais je sais aussi fort
à l’urgence de tuer nos nippes de grisaille
nos monstres bavards
ouvrir une fenêtre au milieu des rocailles
chanter aimer rire chanter

Si nous ne portons plus l'espoir

si nos mots sont tout couverts de mouches noires
si nous ne portons plus leur vie au chaud des mains

quel sera leur demain?



La saison par sa tige




Dans mon coeur je crie " Ohé ! "


Surtout pas de réponse

il faut que la corde se tende

jusqu'à l'usure

vers la rumeur qui monte.


Me poser un instant

et contempler

sans plus bouger

ce qui fut arraché au hasard pour ensemencer ce lieu si pauvre

tout plein de sable et de railleries

où glissent en silence les années et la pluie


Il  est temps
de chasser de mes paumes les taches de l'euphorbe

et poser sous l'ombraie mes chagrins éblouis

puis
lentement

prendre la saison par sa tige