vendredi 30 août 2013

Alquezar



La plaza d'Alquezar en pays d'Aragon
Est douce du silence que le soleil étend
A l'heure de la sieste au creux des grands canyons
Suspendus en draps rouges plissés par le vent.

L'ancienne collégiale au grand piton perchée
D'une rousseur dorée captive le regard
Sur l'à-pic surplombé s'amusent des lézards
Funambules joyeux dans le vide défié.

Le labyrinthe d'ombre des petites rues
Court aux faîtes voussés des églises jumelles,
Campaniles pensifs dans l'attente irréelle
De conquérants possibles et jamais venus.

La plaza d'Alquezar rutile de senteurs
Les mures sauvageonnes à l'olive mélée.
Les fontaines timides s'écoulent de fleurs
Dont les pétales humides embaument les pavés.

Au sommet des remparts ceignant la citadelle
En se penchant un peu on devine courant
Sous un vieux pont de buis la turquoise rebelle
De l'eau de la montagne, fraicheur de serpent.

Les vautours géomètres encerclent le ciel bleu.
La brise de leurs ailes n' émeut plus les pierres
Ils voient de tout la haut que tout n'est que poussière.
Ils attendent leur heure. L'été est paresseux.