mercredi 16 avril 2014

Calme épaisseur du moindre




Derrière les portes closes
    que le vent du soir caresse de phrases courtes
  s'éparpille la vieillesse des roses


Tenir serrée  ma peur pour qu’enfin elle se taise
        regarde elle est déjà toute barbouillée de nuit

Calmes les ombres moissonnées

        calme épaisseur du moindre

Lentement
dans les replis du bois
la flamme cherche
 une forme parfaite
 
l'hiver du feu se fait plus clair
       et moins sombre l'hier.




Merci à Jean-Pierre de la lecture musicale et avisée

lundi 7 avril 2014

Danse prostrée

 


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                                    Quand donc se tairait la couleur

                  brûlée de l'herbe et le vent
                            crispé sur l'eau qu'il retenait ?

                            Je n'avais plus la force
                                       de traverser mon front
                                              pour guetter un orage


                                                 Tant d'aubes et de peines

                        à l'ombre des saisons passées
                                 tant de voeux dans les mains
                    et ce vert qui manquaient

                                       Il me tarde l'automne
                         éclatant sous les chênes
                            le talent bleu dansant des asters sous les pommes

                                       Il me tarde une lueur
                       d'eau noire sous les lamiers

                       Leur blancheur est en cage et leur valse prostrée




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dimanche 6 avril 2014

tremblant au bord des chiens









Etions-nous différents?

Nous n'invitions jamais la puissance des choses
et l'essor des objets ne nous atteignait pas
 
Pourtant le temps passait avec ses nuages lourds

    ses vents de frais soleil qui germent les labours
         ses peurs tremblant au bord des chiens

            La mort ne l'était pas dans notre ciel sans dieux


Parce que tout était simple

                  tout était mystérieux

vendredi 4 avril 2014

La douceur infinie de l'absence divine





Chaque soir
nous remisons notre visage

chaque matin notre miroir
nous offre une nouvelle image

Les changements sont aussi infimes
que la perte d'un bouton sur un manteau vieilli
le teint est assez pâle et le regard bouilli
la nuit aura laissé des traces de ses crimes

On s'habitue ainsi
à ne se voir vieillir
si ce n'est dans les gestes un peu moins précis
une gêne amicale  un mot qui fait souffrir

Tiens! aujourd'hui les choses ne commencent pas à l'heure habituelle!

Accusant le hasard

de cette donne nouvelle
dont la carte maîtresse se nomme retard
nous effaçons d'avance le matin
où nous entrerons en matière
sauvés enfin d'aujourd'hui et d'hier
nous regardant de dos dans un miroir sans tain.

Nous marcherons alors un monde sans racines
quelques intonations écrites à l'envers
la douceur infinie de l'absence divine
le vrai reproche bleu de notre ancienne terre.

          Il ne me tarde pas cette heure où l'on suspend
   dans le dernier placard la dernière chemise
             il ne me tarde pas d'ouvrir un compte-temps
     à la banque éternelle qui ignore les crises

           Et s'il m'aide souvent de me savoir vivante
   jusque dans les accrocs du corps et des pensées
                le vieillir ne m'est pas une fin qui contente.


       Je veux encore en mon jardin passer.

jeudi 3 avril 2014

Dame blanche






Elle me tournait le dos
cela me ferait froid de ne jamais savoir
la blancheur de son ventre
ses yeux au coeur du coeur
la nuit qu'elle étirait
l'immense nuit
son ombre
au plumage nouée grande voile où le sombre
éblouissant
naîtrait

Elle marchait souvent au-dessus de ma tête
d'un pas simple glissant sur le bois des greniers
avant l'envol muet dans les grands ifs bleutés qui ceinturaient le parc

Et je rêvais alors que nos rêves étaient comme des dames blanches
attendant que le soir dans une pièce enclose
leur ouvre les croix et
les emporte creusant des vents jamais osés

J'aimais ses
battements
sans bruit d'elle mais lourds
sans regret des regards trop brillants dans la chambre
sans espoir de butin plus grand que cet instant


La suivre enfin
pour que mon coeur cogne plus fort dans mes poignets

Mais il y avait des murs
partout des murs
et partout des fenêtres
et partout des oiseaux à leurs proies embrassés
et des cadrans partout qui réclamaient leur dû
et là
sous mes cheveux
une issue refermée par les serres du jour



Un site sur les chouettes

Les cris des rapaces nocturnes