samedi 29 mars 2014

La Medina de Fez




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Le soleil baille encore
la Medina étire ses rues fraiches écloses
dont le courant pressé
charrie sans une pause
les jambes et les voix
des marchands de tapis et de cuivres madrés.

En grappes faseyant les navettes de soie
chantent contre les murs leurs camaïeux subtils.
La ville est un grand fil
d’Ariane cherchant chas.

Entre les bigarrures des tissus d’Orient
se glissent les parfums de cumin, de gingembre
de canelle dorée et de ce beau piment
qui brûle autant les yeux que les grands colliers d’ambre
dont se parent les femmes aux cils cernés de khol.

Au coin d’une ruelle des enfants, les pieds nus
sortent de leur école
et comme des moineaux qui regagnent les nues
s’éparpillent joyeux en dérobant des fruits
qu’ils dégustent moqueurs, échappant aux lazzis
d’un maraicher bougon.
Medina en fusion.

Soudain des vapeurs
affolantes
suintent
du coeur
de la ville affairée.
Le quartier des tanneurs
a ouvert ses godets
de cobalt et de pourpre, de jade et d’amarante.

On ne peut approcher
que les yeux étonnés de comprendre comment
se fabrique le monde.
Un parfum se répand
qui marie durement le sublime et l’immonde
un vestige de joie aux couleurs de la vie
se perdant dans les peurs des peaux déja mûries...