jeudi 3 avril 2014

Dame blanche






Elle me tournait le dos
cela me ferait froid de ne jamais savoir
la blancheur de son ventre
ses yeux au coeur du coeur
la nuit qu'elle étirait
l'immense nuit
son ombre
au plumage nouée grande voile où le sombre
éblouissant
naîtrait

Elle marchait souvent au-dessus de ma tête
d'un pas simple glissant sur le bois des greniers
avant l'envol muet dans les grands ifs bleutés qui ceinturaient le parc

Et je rêvais alors que nos rêves étaient comme des dames blanches
attendant que le soir dans une pièce enclose
leur ouvre les croix et
les emporte creusant des vents jamais osés

J'aimais ses
battements
sans bruit d'elle mais lourds
sans regret des regards trop brillants dans la chambre
sans espoir de butin plus grand que cet instant


La suivre enfin
pour que mon coeur cogne plus fort dans mes poignets

Mais il y avait des murs
partout des murs
et partout des fenêtres
et partout des oiseaux à leurs proies embrassés
et des cadrans partout qui réclamaient leur dû
et là
sous mes cheveux
une issue refermée par les serres du jour



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